
Si je vous dis "Roi Arthur", vous répondrez sûrement "chevalerie, Saint Graal, courage, bravoure, Table Ronde, quêtes, Excalibur, épopées" et tout le tremblement. Moi, je vous répondrai "Kaamelott". Que voulez-vous, mon cerveau est formaté depuis des années par un visionnement assidu et régulier de cette perle (la seule, soit dit en passant) du PAF.
J'ai toujours été passionnée par la légende de la Table Ronde. Je me souviens que, lorsque j'étais petite, ma mère m'avait abonnée à une sorte de collection dont le nom m'échappe totalement aujourd'hui, il y avait toujours un livre illustré et les histoires sur cassettes. Parmi les feuilletons se trouvaient ceux d'une fille qui s'appelait Minouche et qui avait un ami imaginaire ou du dernier des dodos, mais il y avait surtout l'histoire de la quête du Saint Graal, que je suivait avec une avidité presque effrayante. Je me souviens aussi que le premier livre que j'aie jamais emprunté en bibliothèque, alors que j'avais six ans, était un album narrant l'histoire de Perceval et je me souviens avoir vu pas mal d'adaptations cinématographiques du myhte (la plus ratée étant incontestablement le Lancelot avec Richerd Gere et Sean Connery - j'ai notamment en tête ce plan en contreplongée de Connery s'exclamant, les bras levés au ciel, un magistral "Pourqouuuoooiii ?", plan qui résume ma réaction après avoir vu cette bouse).
Alors lorsque j'ai appris que M6 avait trouvé un remplaçant pour Caméra Café (série que je n'ai jamais réellement appréciée, d'ailleurs) et que ce remplaçant, Kaamelott, narrait les aventures du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, ça a été la fête. Le programme télé précisait également que le tout serait vu sous un angle humoristique, et ça, ça me plaisait encore plus.
C'était il y a un peu plus de quatre ans, je pense, et je suis depuis une énorme fan de la série.

Kaamelott, c'est la légende de la Table Ronde... sans le côté légendaire. Les premières saisons de la série (ici appelées "livres") nous catapultent dans un univers bien éloigné de celui que les Chrétien de Troyes et autres écrivains de la légende nous dépeignent. Les chevaliers sont, suivant le personnage, stupides, ignorants, pleutres, immatures, faibles, arrogants, violents, les soldats indisciplinés et inefficaces, Merlin incapable de pratiquer la magie, la Reine bien loin de l'image de prestence et de dignité qui lui est conférée dans les textes originels de la légende et Arthur passe bien plus de temps à éviter les tirs d'assiettes au cours de ses repas, pris avec sa turbulente belle-famille, qu'à rechercher le Saint Graal. Le ressort comique de la série repose d'ailleurs sur ces décalages entre la légende et ce que l'on pourrait appeler "l'autre côté", celui de la vie quotidienne pas troujours très reluisante (Arthur reçoit par exemple bien plus souvent les paysans Guethenoc et Roparzh que des chefs d'Etats puissants) et des guerres et quêtes ratées pour cause d'incompétence, de mauvaise-volonté ou de corruption des chevaliers.
J'ai toujours été passionnée par la légende de la Table Ronde. Je me souviens que, lorsque j'étais petite, ma mère m'avait abonnée à une sorte de collection dont le nom m'échappe totalement aujourd'hui, il y avait toujours un livre illustré et les histoires sur cassettes. Parmi les feuilletons se trouvaient ceux d'une fille qui s'appelait Minouche et qui avait un ami imaginaire ou du dernier des dodos, mais il y avait surtout l'histoire de la quête du Saint Graal, que je suivait avec une avidité presque effrayante. Je me souviens aussi que le premier livre que j'aie jamais emprunté en bibliothèque, alors que j'avais six ans, était un album narrant l'histoire de Perceval et je me souviens avoir vu pas mal d'adaptations cinématographiques du myhte (la plus ratée étant incontestablement le Lancelot avec Richerd Gere et Sean Connery - j'ai notamment en tête ce plan en contreplongée de Connery s'exclamant, les bras levés au ciel, un magistral "Pourqouuuoooiii ?", plan qui résume ma réaction après avoir vu cette bouse).
Alors lorsque j'ai appris que M6 avait trouvé un remplaçant pour Caméra Café (série que je n'ai jamais réellement appréciée, d'ailleurs) et que ce remplaçant, Kaamelott, narrait les aventures du Roi Arthur et des Chevaliers de la Table Ronde, ça a été la fête. Le programme télé précisait également que le tout serait vu sous un angle humoristique, et ça, ça me plaisait encore plus.
C'était il y a un peu plus de quatre ans, je pense, et je suis depuis une énorme fan de la série.

Kaamelott, c'est la légende de la Table Ronde... sans le côté légendaire. Les premières saisons de la série (ici appelées "livres") nous catapultent dans un univers bien éloigné de celui que les Chrétien de Troyes et autres écrivains de la légende nous dépeignent. Les chevaliers sont, suivant le personnage, stupides, ignorants, pleutres, immatures, faibles, arrogants, violents, les soldats indisciplinés et inefficaces, Merlin incapable de pratiquer la magie, la Reine bien loin de l'image de prestence et de dignité qui lui est conférée dans les textes originels de la légende et Arthur passe bien plus de temps à éviter les tirs d'assiettes au cours de ses repas, pris avec sa turbulente belle-famille, qu'à rechercher le Saint Graal. Le ressort comique de la série repose d'ailleurs sur ces décalages entre la légende et ce que l'on pourrait appeler "l'autre côté", celui de la vie quotidienne pas troujours très reluisante (Arthur reçoit par exemple bien plus souvent les paysans Guethenoc et Roparzh que des chefs d'Etats puissants) et des guerres et quêtes ratées pour cause d'incompétence, de mauvaise-volonté ou de corruption des chevaliers.
L'un des points forts de Kaamelott est indubitablement la capacité de son créateur-auteur-réalisateur-interprête principal, Alexandre Astier, à savoir renouveler son produit, et ce sur plusieurs plans :
- si les deux premiers livres sont plus une succession d'épisodes à portée comique et indépendants les uns des autres (bien qu'une chronologie s'établit indubitablement de manière progressive au cours du Livre II, je suis ainsi intimement persuadée que l'attitude de Lancelot, qui intime au Roi qu'il l'emmerde, dans l'épisode "Le Rebelle" ne s'explique que par le comportement d'Arthur vis-à-vis de Guenièvre, notamment dans l'épisode "L'Anniversaire de Guenièvre", et que le dernier épisode de ce livre, "Les Comptes", nous montrant un Lancelot vampirisant l'argent de Kaamelott, annonce les envies séparatistes du blondinet... bref, passons), une véritable intrigue commence à s'organiser dans le Livre III, s'articulant autour de l'attirance réciproque d'Arthur et Mevanwi, la femme de Karadoc, et de l'ammorcement par Lancelot d'un camp séparatiste, premier livre se terminant sur un cliffhanger. Ce que confirme d'ailleurs le Livre IV. Ceci se vérifie de manière beaucoup plus significative dans le cinquième Livre. Si je n'ai personnellement aucun scrupule à ne regarder que quelques épisodes sur les DVD des premières saisons chaque soir, je ne peux pas regarder le cinquième livre avec des coupures et je le réserve donc pour les week-ends.
- Alexandre Astier ayant compris que le monde est loin d'être manichéen, ses personnages ne sont pas monolithiques et évoluent au fil des saisons, de manière parfois spectaculaires. Perceval, "Ducon", ne comprenant jamais rien à rien, se révèle détenir un savoir qui manque souvent, celui d'aimer ; Lancelot, incarnation de la pureté et de la perfection, est néanmoins bouffé par l'arrogance, ce qui ammorce sa séparation de l'autorité de Kaamelott et son comportement de pourri dans les derniers livres ; Léodagan, cherchant tout pour le mettre systématiquement en rogne, se transforme pourtant parfois en véritable allié de poids pour Arthur, approuvant de manière surprenante certaine de ses décisions... La liste est longue, tout cela pour dire que l'une des forces de Kaamelott est ses personnages, tous incarnation d'un travers humain, et leur capacité à évoluer nous rassure indubitablement sur la nôtre. Le Livre V est indéniablement le plus réussi sur ce point : il 'est pas une réécriture historique du mythe de la Table Ronde mais avant tout le suivi de personnages humains, doués de sentiments, capable des pires choses comme des meilleures. Le scénario (toujours très bon, cela va sans dire) est ici plus un prétexte pour nous plonger encore un peu plus dans leur psychologie et nous faire vibrer à leurs côtés...
- d'une manière plus "esthétique" aussi, l'on assiste aussi à de véritables bonds en avant (et non, il ne faut pas sautiller...). La musique, pas oupeu présente dans les premiers livres, devient petit à petit partie intégrante à l'oeuvre (et vous savez à quel point c'est important pour moi, la musique !), le format s'allonge (les épisodes étant de plus en plus longs), permettant une évolution narrative extraordinaire, les références à d'autres univers ou même à des épisodes précédents s'accumulent, ouvrant nos imaginations à d'autres horizons, et même les couleurs changent (Arthur délaissant le rouge pour ne plus s'habiller que de noir en est un exemple, mais les couleurs des décors également : j'ai en tête les épisode du Livre I "Le Garde du Corps" et "Le Négociateur" où les couleurs de la salle de la Table Ronde sont presque criardes, on ne les retrouve nulle part dans le Livre V.)
Alexandre Astier sait renouveler son produit, mais tout ce qui a contribué au succès de Kaamelott est toujours présent, et ça c'est bon !
L'humour, principalement. Ainsi, même si le dernier épisode du Livre V montre une scène qui choque et surprend (surtout lorsque l'on repense aux débuts de la série, qui étaient surtout des bonnes tranches de marade), l'humour est toujours là - même s'il est noir, très noir. Les derniers mots d'Arthur en sont le principal exemple : il n'a pas arrêté de répêter "Arrêtez de m'appeler Sire" tout au long de la deuxième partie de cette saison, et c'est ce qu'il répond encore à Bohort avant de tenter de se suicider. Le comique de répétition est ici poussé à l'extrême. Ironie encore, lorsque Lancelot se précipite dans la salle de bain pour tuer Arthur par amour pour la Reine : la première fois que l'amour de Lancelot pour Guenièvre avait été évoqué dans la série, c'était dans l'épisode "La Romance de Lancelot" dans le Livre I et le Chevalier du Lac s'était alors précipité dans la salle de bain pour tuer Arthur. Encore cette même idée de salle de bain, comme si Alexandre Astier cherchait à boucler des bloucles.
Mais alors que dans "La Romance de Lancelot", cette scène était prétexte à rire, la scène finale du Livre V n'est visiblement pas là pour ça. C'est une autre force de la série : Alexandre Astier a réussi à faire passer Kaamelott du statut de petit interlude marrant entre un programme et un autre pour M6 à une véritable oeuvre forte, chargée émotionnellement, versant d'un registre à un autre, et tout ça sans rupture brute et nette. Le changement a été graduel et c'est une chose extrêment importante, qui donne toute sa cohérence à l'oeuvre. Ceci témoigne également d'un talent d'écriture indéniable de l'auteur.
Kaamelott, c'est plus qu'une série, c'est une véritable oeuvre d'art !
Marina

Je ne peux pas dire que je suis fan de la série, mais en out cas chaque fois que je tombe dessus je me bidonne comme une malade XD
RépondreSupprimerje devrais essayer de la regarder plus souvent =)
Cet article parle avec l'âme !... Bravo =)
RépondreSupprimerDommage qu'en regardant les épisodes, la plupart des spectateurs ne voient que le côté comique de la série sans se soucier des multiples symboles que ces scènes cachent.
Mais bon, je fais partie de ces gens aussi xD...
Et pourtant, Dieu sait que c'est bien plus !
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