N’y allons pas par quatre chemins : mesdames, mesdemoiselles et messieurs, nous avons ici affaire à un véritable coup de maître,
un chef d’œuvre comme jamais réalisé et interprété.
Affiche officielle du film
Nicole "Satine" Kidman & Ewan "Christian" McGregor
L’histoire se déroule dans un Paris de carte postale et le film est lui-même une flamboyante œuvre à l’image de l’histoire qu’il raconte.
Une histoire bouleversante, celle d’
un amour interdit, ce qui le rend d’autant plus fort, celle d’un amour condamné dès le départ, ce qui nous renvoie une fois de plus
à la faiblesse et à la fragilité que ce que nous sommes.
Une histoire servie par une interprétation rare de sincérité, de conviction et de justesse :
Ewan McGregor est, dans ce film, à son meilleur niveau d’acteur et
Nicole Kidman, encore rousse, et pas encore botoxée, incarne ce qui est pour moi l’image de la beauté féminine ultime, dans toute sa perfection. Le
couple central est entouré d’une pléiade de seconds rôles tous meilleurs les uns que les autres, (
John Leguizamo en Toulouse-Lautrec passionné,
Jim Broadbant en Harold Ziedler savoureusement détestable comique et attachant,
Richard Roxburgh en Duc frappant de méchanceté, de machiavélisme et de ridicule...) si bien qu’on ne sait plus où donner de la tête. (Et à ce propos, fuyez la VF.)
Une histoire servie par une
BO résolument moderne où cohabitent pépites pop et monstres classiques, où
David Bowie cotoie Marilyn Monroe, où
Nirvana tutoie Madonna, des titres (ré)interprétés
de manière exceptionnelle.
Une histoire servie par une réalisation nerveuse à souhait qui se met au service de la psychologie des personnages et du rythme de l’intrigue :
Baz Luhrmann SAIT comment se servir d’une caméra.
Une histoire servie par un décor, des costumes et des éclairages vertigineusement superbes et résolument modernes.
Un film qui, malgré les nombreuses critiques qui prétendent le contraire,
ne sombre jamais dans la guimauve dégoulinante sans aucun but ; ici, le pathétique est moins présent que le kitsch, et lorsqu’il est là, il est toujours juste : parce que la vie, c
’est cela, une succession de joies et de peines qui vous laissent anéanti (la preuve de cela, c'est que l'on meurt tous). Et, le kitsch, parlons-en également : il est là pour nous rappeler que malgré tout ce que l’on peut faire pour essayer de se convaincre du contraire,
la vie n’est qu’un vaste théâtre où tout le monde porte des masques, ce qui est explicité dans le film par la mise en abyme produite par la pièce
Spectacular Spectacular. Même si, et c’est ce dont il faut se souvenir avant tout, l’amour est toujours sincère et qu’il reste ce qui nous élève à notre rang d’humanité. Après tout,
the greatest thing you’ll ever learn is just to love and be loved in return !
Marina